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Animation et développement
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Rodilhan en route vers la REUT

Le site de Nîmes-Rodilhan de la PFT GH2O Occitanie proposait, le 10 décembre dernier, une nouvelle journée professionnelle sur la réutilisation des eaux usées traitées (REUT), marquant aussi son engagement dans un projet pilote d’économie circulaire de cette ressource sur le campus. 

Après deux évènements en 2024 (une journée le 26 mars sur les usages des eaux non conventionnelles sur le site lozérien de la PFT GH2O et une matinée technique le 17 décembre  sur le site gardois), l’établissement de Nîmes-Rodilhan proposait à nouveau à un auditoire d’étudiants et de de partenaires du territoire une journée professionnelle autour de la REUT, le 10 décembre dernier. Au programme cinq temps de présentations et d’échanges pour aborder l’enjeu de la ressource en eau, de plus en plus complexe, en lien avec les changements climatiques, les conflits d’usages, l’évolution de la règlementation ou encore l’acceptabilité sociétale.

Un contexte complexe

Nassim Aït Mouheb (INRAE, UMR G-Eau) commença par poser le contexte de la REUT en agriculture, notamment en France. Sur les 1 000 projets visés par le Plan national d’action pour une gestion résiliente et concertée de l’eau d’ici 2027, 58 étaient engagés en 2019 selon une étude du CEREMA (32 irrigation agricole - dont les pomme de terre de Noirmoutier -, 15 golfs, 3 arrosages parcs et jardins). Il faut noter les lourdes contraintes au développement de ce type de projets (pour l’heure, seulement 1% de REUT au niveau national) : coûts des investissements et de l’énergie nécessaires, compétition avec le bas-coût actuel de l’eau brute des canaux d’irrigation, risques d’intrusions salines en zones littorales, législation sur le maintien des débits naturels, sur les classes de qualité à respecter en fonction des usages prévus, … Avec 50 % des stations d’épuration de capacité inférieure à 500 équivalents-habitants (EH), les potentiels d’irrigation restent marginaux, sauf à envisager l’option de stockage hivernal. À Roquefort les Corbières par exemple, pour une station de 2 000 EH, 15 ha maximum de vigne sont irrigués avec des EUT (sur 500 ha de surface agricole pour la commune).

Puis ce directeur de recherche présenta les essais de valorisation agronomique réalisés en maraichage sous serre sur la plateforme expérimentale de Murviel-les-Montpellier : on peut noter une augmentation de la diversité bactérienne dans le sol (notamment nitrifiante) et de la biomasse des plants, une absence de contamination bactérienne racinaire … et des risques de transferts sol-plantes en présence de contaminants pharmaceutiques.

Des projets de REUT XXL

Changement d’échelle avec la présentation, par Alexandre Verney du bureau d’étude DV2E, des projets de REUT sur la station d’épuration (STEP) de la Ville de Montpellier (en cours de rénovation pour porter sa capacité à 660 000 EH, soit 175 000 m3/j) : pour des usages internes et externes à la STEP de l’ordre de 150 m3/h en classe C … et pour un pilote démonstrateur en agriculture urbaine (potager en toiture et au sol sur l’emprise de la STEP, irrigation par goutte-à-goutte) de l’ordre de 5 m3/h en classe A.

À son tour, Marion Gaulaup de la régie des eaux Albères-Côte vermeille-Illibéris présenta le projet en cours au niveau de la STEP d’Argelès-sur-Mer (10 à 12 000 m3/j en été pour 100 000 EH). Sur les sept scénarios envisagés selon des zones potentielles à irriguer, les solutions techniques et les coûts induits, la collectivité a retenu celui visant une surface irriguée de 573 ha totale, pour des arboriculteurs et viticulteurs à proximité et pour les besoins d’une association syndicale autorisée (ASA) d’irrigants, à 17 kms (avec réseau en fonte et surpresseur pour l’acheminement). Un volume total attendu de 1 500 000 m3/an, un traitement d’ultrafiltration et de chloration pour une classe de qualité A, et pour un coût de facturation final à l’irrigant d’environ 20 cts/m3 (en tenant compte des subventions obtenues).

Enfin, Olivier Lucas du bureau d’étude Azuvia, après un retour d’expérience notamment en Israël et Arabie Saoudite, présenta le concept de serre filtrante SETEIA©, solution compacte et contrôlée pour la REUT basée sur l’intensification des processus naturels de bioépuration et sur l’hydroponie.

Rodilhan : un projet pilote pour le campus

Riadh Ourabah, enseignant à l’Agrocampus et chargé de projet du site gardois de la PFT a pu également présenter le projet de l’établissement, encouragé par le Conseil régional Occitanie. Sur la base de 5 scénarios proposés, 2 ont été retenus pour être mis en œuvre prochainement : une REUT du bâtiment « restauration » pour alimenter les sanitaires et une REUT des eaux vannes (provenant des toilettes) pour l’arrosage des espaces verts, voire de parcelles de l’exploitation agricole de l’établissement. 

Avec le projet de site pilote de démonstration « désimperméabilisation » du site d’Albi de la PFT, le site de Rodilhan porte ainsi un nouveau projet ambitieux et innovant sur la gestion de la ressource en eau dans les établissements de la région.


Télécharger le dossier « Eaux usées traitées : une ressource à valoriser » (CEREMA, 2025)

Télécharger les présentations de la journée : INRAE-UMR G-Eau / Régie des eaux Albères


Contacts :

. Brahim Aloui et Riadh Ourabah, enseignants et référents du site de Nîmes-Rodilhan de la PFT GH2O Occitanie : brahim.aloui(at)educagri.fr et riadh.ourabah(at)educagri.fr

. Nicolas Alvarez, coordinateur de la PFT GH2O Occitanie : nicolas.alvarez(at)educagri.fr

. Nathalie Lenoir, directrice de l’EPLEFPA Nîmes-Rodilhan : nathalie.lenoir(at)educagri.fr

. Françoise Henry, chargée de mission animation des territoires, DRAAF-SRFD Occitanie : francoise.henry01(at)agriculture.gouv.fr


Janvier 2026 –Dominique Dalbin, animateur Réso’them de l’enseignement agricole