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19e Semaine de l’eau : « Solutions fondées sur la nature » à La Canourgue

Pour cette 19e Semaine de l’eau proposée par les 3 sites de la Plateforme technologique GH2O Occitanie, l’établissement de La Canourgue axait sa Journée professionnelle du 8 avril sur les Solutions fondées sur la nature dans les secteurs de l’aquaculture et de l’eau plus généralement. Retour sur l’évènement…

C’est le rendez-vous phare annuel, chaque printemps, de la plateforme technologique GH2: la 19e édition de la Semaine de l’eau, désormais proposée par les 3 sites (tarnais, gardois et lozérien) et autour d’une thématique commune, en l’occurrence cette année « Cultivons l’eau ». Originalité pour 2026 : les établissements proposent désormais à des dates différentes sur leur territoire respectif un programme d’ateliers, de projections-débats, de conférences et de journées techniques. À La Canourgue, c’est la semaine du 7 au 10 avril qui a été choisie par l’équipe d’enseignants, pour mobiliser activement les étudiants en BTSA GEMEAU et BTSA Aquaculture dans la programmation.

Le 8 avril, une journée professionnelle proposait comme fil conducteur d’aborder les Solutions fondées sur la nature (SfN), pour l’aquaculture et l’aquaponie (en matinée) et plus globalement dans le secteur de l’eau (l’après-midi). L’assistance mêlait apprenants en bac pro et BTSA Aquaculture (le matin), GEMEAU (l’après-midi), des professionnels du territoire ainsi qu’une délégation de partenaires sénégalais du Centre National de Formation des Techniciens des Pêches et de l’Aquaculture (CNFPTA), actuellement en échange* avec l’établissement lozérien sur l’écriture de nouveaux référentiels de formation de technicien supérieur en aquaculture.

Du nouveau en aquaculture

Les nombreux témoignages de la matinée ont permis de brosser un panorama sur les avancées technico-économiques de l’aquaculture multitrophique intégrée (AMTI) et en particulier l’aquaponie. Recirculation et très faibles besoins en eau, valorisation de chaleur fatale industrielle, phytoépuration, biofiltration et lombrifiltration des effluents … voire co-culture avec des invertébrés se nourrissant du biofloc produit par les déchets de poissons en élevage : ces techniques, souvent biomimétiques, permettent aujourd’hui la structuration d’une filière en aquaponie autour de quelques entreprises ayant atteint une taille critique pour la viabilité économique (au moins 3 ETP,  100 T de poissons par an et plantes aromatiques, médicinales et légumes à forte valeur ajoutée).
Un « tour du monde » d’expérimentations innovantes complète notre éclairage sur le sujet : le projet 100% Fish en Islande vise à utiliser 100% du poisson en transformant les sous-produits (têtes, entrailles, queues et peaux) en produits de beauté, santé et pharmaceutiques, réduisant ainsi les déchets et augmentant la valeur économique. En mer Baltique ou aux Philippines, des systèmes intégrés pêche-algoculture illustrent l’émergence d’une « agroforesterie marine », alors qu’au Japon (pêche d’une espèce invasive d’oursins) ou en France (développement de l’aquaculture conjointe à des récifs artificiels, société Ecocéan) on pose les bases d’une aquaculture régénérative !

Quelques projets d’AMTI en France :

. Eauzons (Lescar) : l’aquaponie intensive (salmonidés/plantes) avec une biosécurité maximale

. La ferme intégrale (La Beaume d’Hostun) : l’aquaponie à grande échelle (sandre/plantes)

. La ferme des 4 marais (Ile de Ré) : crevettes, huitres, palourdes, algues et salicornes

. Lisaqua (Saint Herblain) : crevettes sans antibios, sans rejets polluants, à proximité des lieux de consommation

Ferme marine des Aresquiers et société Lizalg (Vic la Gardiole) : mulets et crevettes, en bac 10 m3 flottant sur un étang de 1 000 m2

Restauration des milieux : le castor super star !

Après une courte visite des installations aquaponiques de l’établissement et la présentation par des BTSA Aquaculture 1e année de posters d’entreprises aquacoles supports de stage en milieu professionnel, la deuxième partie des interventions s’est intéressée aux SfN pour la restauration des milieux (naturels, agricoles ou urbanisés). Des témoignages d’acteurs du territoire ont ainsi illustré des actions de désimperméabilisation (village de Chirac, avec le CAUE), de restauration de la mobilité de cours d’eau (sur 1 300 m de berge à Rivière/Tarn, avec le syndicat mixte Tarn amont), de protection de tourbières en zones forestières (forêts domaniales de Croix de Bor et de Charpal, avec le CEN Occitanie) et d’animation territoriale sur les enjeux érosion-biodiversité avec l’outil d’aide à la décision Cartoc (sur la commune d’Allenc, avec l’association COPAGE).

Marlène Vissac (éleveuse et créatrice du bureau d’étude Hydronomie) et Félix Grippon (bureau d’études Permalab) ont clôturé les interventions par des exposés et retours d’expériences sur le rôle des arbres dans la résilience des systèmes agricoles aux changements climatiques et au-delà sur les notions de keyline design et d’hydrologie régénérative, pour ralentir, infiltrer et stocker l’eau sur les parcelles agricoles. En faisant le parallèle avec les actions de restauration des fonctionnalités hydrologiques des cours d’eau, Félix Grippon a évoqué les techniques low tech dites « castor » et l’importance du recours et du maintien des bois morts : « un milieu rivière sain est comme un bol de nouilles dynamique ». L’image du chevelu hydrographique avec liberté d’évolution spatio-temporelle est ainsi bien rendue !

La journée s’est terminée à proximité immédiate sur les berges du ruisseau de Saint Frézal, où des étudiants de BTSA GEMEAU 2e année ont réalisé un chantier d’un « ouvrage castor mimétique ». Leur présentation a permis de concrétiser les services écosystémiques rendus par l’installation de branchages parallèles à l’écoulement dans les lits mineurs, pour un meilleur échange avec la nappe alluviale, une protection contre l’érosion des berges et une diversification des chemins hydrauliques et de la biodiversité.

Pas de doute, au « Pays des sources », la Lozère se questionne, agit et sensibilise pour protéger la ressource !

* dans le cadre d'un programme de coopération des lycées agricoles français (réseau CEFAGRI - BRECI, Mme Vanessa Forsans) avec les centres de formation de niveau technicien et technicien supérieur au Sénégal. Ce programme est conduit avec le service de coopération de l'Ambassade de France de Dakar en la personne de M. Sébastien Subsol


Retrouvez les présentations des journées techniques et professionnelles proposées par la PFT GH2O sur la page “activités” de son site

Contacts :

. Marine Desaphy et Catherine Lejolivet, référentes du site de La Canourgue de la PFT GH2O Occitanie : marine.desaphy(at)educagri.fr et  catherine.lejolivet(at)educagri.fr

. Nicolas Alvarez, coordinateur de la PFT GH2O Occitanie : nicolas.alvarez(at)educagri.fr

. Laurent Chevalier, directeur de l’EPLEFPA Lozère : laurent.chevalier(at)educagri.fr

. Françoise Henry, chargée de mission animation des territoires, DRAAF-SRFD Occitanie : francoise.henry01(at)agriculture.gouv.fr


Avril 2026 –Dominique Dalbin, animateur Réso’them de l’enseignement agricole