Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Saint Yrieix La Perche : Des brebis comme alternative à l’emploi de produits phytopharmaceutiques dans les vergers !

 

Février 2020, Françoise Degache et Hervé Longy, animateurs Reso’them de l’enseignement agricole

Améliorer les connaissances et promouvoir le pâturage ovin des surfaces additionnelles dans le grand Sud-Ouest tel est l’objectif d’un programme de partenariat. Rencontre avec un des partenaires dans un dispositif de démonstration, d’expérimentation et de pédagogie.

 

Des productions 100% sous signe de qualité 

Marc Bassery, directeur du domaine de la FAYE du LPA André Guillaumin, depuis le 1er septembre 2016, nous accueille dans ses vergers en pays Arédien, aux portes du parc naturel régional du Périgord et du Limousin, sur la route de la pomme du Limousin et la route Richard Cœur de Lion.

 « L’exploitation de 180 ha est engagée en HVE 3 avec des productions diversifiées et toutes labellisées : des pommes, de la viande bovine et ovine » précise Marc. 140 ha d’herbe dont 75 ha de prairies naturelles, 12 ha de maïs dont 6 ensilés, 18 ha de céréales fournissent la quasi-totalité de l’alimentation des troupeaux de vaches limousines et de brebis.

105 vaches limousines inscrites au livre généalogique, avec un bon niveau génétique, produisent des animaux écoulés dans les filières du label Blason Prestige dont des jeunes bovins de moins d’1 an appelés « veaux de saint Yrieix » vendus sous le label Limousin Junior ou des vaches de boucherie vendus sous le label bœuf Limousin. « Tous nos animaux sortent finis » insiste Marc Bassery.


200 brebis de trois races, Charollaise, Suffolk et Vendéenne produisent, elles aussi, une viande avec le label rouge : le Diamandin. « A saint Yrieix le choix est de produire un agneau de bergerie bien conformé » fait remarquer Marc Bassery.

Des vergers écoresponsables 

Au milieu des prairies, nous découvrons 10 ha d’arboriculture avec huit ha en AOP Pomme du Limousin et deux ha conduits en AB. « C’est un verger écoresponsable » renchérit Marc car « Nous avons implanté des haies autour des vergers pour favoriser la biodiversité et les auxiliaires, avoir une meilleure pollinisation et diminuer les dérives des produits phytopharmaceutiques ». La mise en place d’un rucher « bee friendly »  grâce à l’appui de la coopérative Limdor confirme un engagement pour le  respect des abeilles et autres pollinisateurs. Tous les néonicotinoïdes et 24 pesticides particulièrement toxiques pour les abeilles ont été retirés. Marc Bassery nous présente également les actions qui s’inscrivent dans le cadre du Plan Ecophyto : réseau DEPHY arbo, projet Educ’Ecophyto.

 

 

« Le verger bio on le voyait difficile à conduire au départ…Or, aujourd’hui, nous nous inspirons beaucoup des techniques de la bio, pour conduire le verger conventionnel, par exemple l’utilisation de produits de biocontrôle, le désherbage mécanique avec des machines achetées en commun avec INVENIO  et parfois l’éclaircissage mécanique (comme la Darwin) »

 

 

« Les techniques sont beaucoup plus vertueuses et correspondent aux attentes sociétales, mais sont au moins deux fois plus gourmandes en temps de travail » souligne-t-il.

 

Des brebis dans les vergers et une étude de la conversion en bio

 « C’est dans le cadre du projet  Brebis_link porté par la chambre d’agriculture de Dordogne, que nous faisons pâturer des brebis. C’est à la fois un pâturage additionnel qui propose à des brebis une ressource fourragère supplémentaire mais c’est surtout une alternative à l’emploi de produits phytopharmaceutiques et cela permet d’économiser un passage de broyeur au moins ».  Il rajoute « en plus cela participe à préserver les sols et la qualité de l’eau ».

Delphine Pouil, référente Enseigner à Produire Autrement, a réalisé des relevés avec les élèves de Bac Pro CGEA afin d’acquérir des références sur le comportement des brebis lors du pâturage des vergers.

De plus, avec son collègue Nicolas Cartier, ils conduisent des essais de culture de blé en AB et en conventionnel pour impliquer les élèves dans l’obtention de données objectives en complément de différentes visites. Le but est de découvrir les techniques et les filières AB pour étudier un dispositif de conversion sur l’exploitation de la Faye.

Delphine Pouil et Marc Bassery dans le verger AB avec des brebis au pâturage. Exemple de notation sur le comportement au pâturage des surfaces additionnelles. (crédit photo H. Longy)

 

De l’agroforesterie pour une nouvelle production et pour le confort des animaux

« Les arbres fruitiers sont ancrés dans le paysage agricole local » insiste Marc Bassery. Il nous confie l’existence d’une châtaigneraie et il nous entraine dans une parcelle de cinq hectares d’agroforesterie où des châtaigniers sont implantés avec une faible densité. Différents systèmes de protection permettent aux animaux de pâturer dans les inters rangs. Cette plantation et la protection des arbres résultent d’un travail pédagogique et répond également au développement de la filière châtaigne du Limousin. « Cette plantation est un exemple d’introduction de châtaigniers productifs dans des zones de polyculture élevage, tout en permettant un pâturage efficace et une zone de confort pour les animaux au vu du changement climatique. De plus cet exemple illustre parfaitement les missions de production, de pédagogie et de démonstration » conclue fièrement Marc Bassery.

Parcelle d’agroforesterie en châtaigniers, système de protection et panneau explicatif.  (crédit photo :  F. Degache)

 

Cette exploitation change de paradigme pour donner suite à des impasses techniques comme l’indique la démarche « développer et diffuser des pratiques agricoles durables pour le territoire, la santé et la qualité »du projet de partenariat financé par le CASDAR transition agroécologique. Un pas de plus est franchi !

 

Les trois questions de fin :

De quoi êtes-vous le + fier ?« Réussir la mutation de l’exploitation pour la rendre plus agro écologique avec l’adhésion des équipes »

S’il fallait améliorer quelque chose ?« Développer encore plus l’autonomie et rendre le système plus résilient surtout vis-à-vis de la conjoncture très volatile et du changement climatique

 Un conseil pour mon éventuel successeur ? « Observer et prendre le temps et le recul nécessaires avant d’engager des changements, comprendre le contexte”

 

 

L’exploitation de la Faye  2019 en chiffres

SAU :  180 ha

Arboriculture : 10 ha de pommiers dont 2 en AB et 0.75 ha de châtaigniers

Vaches allaitantes : 105 limousines inscrites au livre généalogique

Ovins : 200 brebis croisement 3 voies (charolais, sulfok, vendéen)

Commercialisation : Label viande : Blason Prestige (bœuf limousin) Diamandin (Agneau) et AOP Pomme du limousin

ETP : 4

Chiffre d’affaires 2019 : 557 000 €

 

Site web :  www.eplefpa-saint-yrieix.fr

Contacts :

MAAF - DGER - SDRICI - BDAPI

1 ter avenue de Lowendal, 75700 Paris 07 SP