Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Exploitation du lycée agricole de la Bretonnière : Des projets pédagogiques instigateurs des ateliers de production !

Septembre 2019- Hervé Longy animateur Reso’them de l’enseignement agricole.

 

Au cœur de la Brie, dans un cadre de vie préservé avec un jardin à la française, l’exploitation de la Bretonnière développe des productions animales et végétales. De la juxtaposition à la reconception ?

 

« La particularité de cet établissement est d’avoir eu des enseignants qui ont initié un certain nombre de petits ateliers afin d’avoir des bases pratiques pour leurs cours. Ces ateliers de production ont été pérennisés et ont même pris de l’ampleur » nous confie Jean Claude Wagny, directeur de l’exploitation du lycée agricole de la Bretonnière à Chailly en Brie.

Le troupeau ovin en est la parfaite illustration. Créé en 1990, ce troupeau compte aujourd’hui 320 brebis de race Ile de France, quoi de plus naturel dans cette région ? Cette troupe ovine occupe pratiquement la moitié des surfaces de l’exploitation : 23 ha de prairies permanentes sont pâturés et servent à récolter les fourrages. Les 35 ha restants sont assolés par des grandes cultures, avec blé, maïs, chanvre et betterave : « un assolement classique pour la petite région agricole » nous signifie Jean Claude, tout en déplorant le manque de surface par rapport à ses voisins. Ces petites surfaces ne permettent plus de dégager des moyens pour renouveler le matériel.  « Il est vieillissant et entraine des frais de réparation importants » déplore Jean Claude.

Dès sa prise de fonction en tant que directeur de l’exploitation, Jean Claude a développé la vente directe de viande ovine pour répondre à un besoin pédagogique. En 2014 il l’a formalisée et professionnalisée en créant un magasin « Breto saveurs » qui a permis de pérenniser un emploi. Dans ce magasin se trouvent des produits du GIE des lycées agricoles, des produits locaux des exploitations de Seine et Marne et bien entendu des produits de l’exploitation :

  •  de la viande ovine  en caissette issue des agneaux Ile de France. Signalons que pour une meilleure optimisation de la vente de viande ovine, il a fallu étaler la production ce qui s’est traduit par une légère baisse de la productivité numérique (1.3 agneaux par brebis).
  • des poulets et des vérines à base de poulet sortant de l’atelier produisant 3000 volailles par an, atelier qui est également issu d’un projet pédagogique.
  • du miel issu de ruches pédagogiques
  • du jus de pommes bio, car l’exploitation possède également un verger conservatoire de 50 pommiers en AB

 

En 2020, ce magasin actuellement situé sur l’exploitation se déplacera sur l’axe routier qui jouxte le lycée, ce qui devrait augmenter sa fréquentation.

Actuellement sur l’exploitation : la coexistence de deux systèmes.

A première vue, la présence d’élevage dans cet établissement sur ce territoire de polycultures pourrait faire penser à une exploitation en polyculture élevage, mais en réalité, il s’agit de la juxtaposition de deux systèmes qui techniquement sortent des résultats acceptables.

Pour preuve, un audit de la chambre d’agriculture de Seine et Marne a été réalisé sur la conversion en agriculture biologique de la partie céréalière. Il ne montre pas de grand changement économique, malgré un intérêt environnemental certain. Le milieu professionnel reste toutefois peu convaincu du bien fondé de cette conversion, d’autant que les débouchés de la betterave biologique ne sont pas certains, dans ce département.

« Ne pas se placer uniquement en terme de vitrine »

C’est la devise de Jean Claude Wagny, qu’il étaye d’arguments  « il y a des agriculteurs sur le territoire qui sont des références techniques et économiques en AB ». Le partenaire principal de l’exploitation est la chambre d’agriculture, autour d’un groupe ISO 14001 « terr-avenir »

Jean Claude précise que « trouver une justification environnementale, technique, économique et servir de référence pour les professionnels » est sans doute la voie dans laquelle l’exploitation doit s’engager, d’autant qu’un enseignant avec un dispositif  tiers temps, M. Guilhem Boit, a pour mission de réfléchir sur la valorisation commerciale et de faire évoluer les pratiques agroécologiques de l’exploitation.»

Des pistes sur la valorisation du végétal dans le magasin, en intégrant de nouvelles productions telles que la lentille, la pomme de terre ou des légumes secs de plein champ sont à étudier. Mais l’idée de remettre l’élevage au cœur du système de polycultures, pour bénéficier de synergie est sans aucun doute la meilleure re-conception du système existant en un système « polyculture élevage ».

 

 

 

3 questions à Jean Claude Wagny  :

De quoi êtes-vous le plus fier ?:« Du type de fonctionnement avec les deux salariés qui sont heureux de venir au travail »

S’il fallait améliorer quelque chose ?:« De ne pas avoir embarqué aussi loin que je le voudrais les équipes pédagogiques sur l’évolution du système »

 Un conseil pour un éventuel successeur ?: « Attention à ne pas se laisser déborder par l’urgence pour être capable de travailler sur le moyen terme. Prendre le temps de connaître les personnes, il y a toujours une bonne chose à en retirer »

 

L’exploitation de la Bretonnière   en chiffres :

SAU :  58 ha dont 23 ha en Prairie Permanente et 35 ha en cultures : blé, maïs, chanvre et betterave

0vin viande : 320 brebis Ile de France

Atelier avicole : 2 bâtiments : 3000 volailles / an

ETP : 2 salariés

Chiffre d’affaires 2018 

 

Site web :   https://www.labretonniere.fr/

Contacts :