Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Description

Titre du projet

Valoriser la transition agro-écologique avec les circuits courts.

Etablissement

EPL Mirande

Description du projet

D’une manière générale les agricultures mondiale et nationale évoluent vers une intensification de la production avec néanmoins une prise en compte de la qualité y compris sur les productions de masse en réponse à une demande des consommateurs. Le Gers, traditionnellement reconnu pour la qualité de ses produits, risque de souffrir de cette évolution du fait de contextes structurels peu favorables (sols, relief et isolement géographique / grands bassins) et de la concurrence sur le segment commercial de la qualité. Le problème se pose dans les mêmes termes au niveau de la majorité des territoires de la Région Occitanie. Il convient donc de faire preuve d’originalité sur le plan économique en limitant les intermédiaires et sur un plan à la fois qualificatif et éthique en promouvant la qualité des produits à valeur patrimoniale qui intègrent les valeurs humaines d’une agriculture non industrielle de proximité. Ce sont les raisons qui poussent l’EPL à s’engager vers la promotion de la commercialisation en circuits courts de produits « haute qualité ». A l’échelle de l’EPL le projet consiste à animer une dynamique avec pour objectif de :  favoriser la commercialisation en circuits courts des produits animaux (porcs AOC, bovins et palmipèdes) et viticoles. La transformation étant bien souvent une étape préalable à la commercialisation,  favoriser la transformation sur site des produits au-delà de la situation actuelle,  rapprocher les 2 exploitations de l’EPL pour la vente des produits (économies d’échelle, progrès de logistiques, complémentarité des produits) en créant un véritable service commercial à l’échelle de l’EPL avec une base clients unique,  créer un point de vente : construction programmée d’un magasin de vente,  développer, tester et évaluer les modes de commercialisation en fonction des produits et process,  intégrer les apprenants à la démarche : les filières tertiaires (Bac pro vente, BTS TC, CS) mais aussi les filières production (Bac pro CGEA, CGEH et viti). Associer les formations adultes et apprentissage du CFPPA.  A l’échelle du territoire :  promouvoir la démarche,  accueillir des producteurs voisins au sein de la boutique de vente. L’EPL disposant d’un atelier de transformation il est également envisagé de les accueillir en amont pour des étapes de transformation des produits,  Organiser des ventes communes autour d’événements spécifiques.  faire le lien avec les autres EPL de la Région, collaborer à une dynamique régionale sur le thème,  relation avec les acteurs de la restauration collective,  proposer des formations courtes en lien avec le projet,  animer la dynamique localement,  faire le lien avec les dispositifs et/ou démarches existants (GIEE auquel adhère l’EPL, dispositifs MSA sur le bassin, Bienvenue à la ferme, controverses de Marciac..)


Thématique principale

Commercialisation et circuits courts

Thématique secondaire

Déclinaison des programmes d'actions du projet agro-écologique pour la France

Identification

Centre constitutif concerné

Exploitation viticole de Riscle

Adresse et numéro de téléphone de l'établissement

Route de Valentèes. 32300 MIRANDE 0562665239

Nom du responsable du dossier

Joseph GESTIN

Fonction du responsable du dossier

Directeur EPL

Coordonnées du responsable du dossier au sein de l'équipe de direction

Joseph GESTIN

Nom du chargé de projet

David VAUGON

Fonction du chargé de projet

IAE Enseignant zootechnie

Coordonnées du chargé de projet

david.vaugon@educagri.fr

Déclaration d'intention


Rapport

Résumé grand public

Le projet consiste, en s'appuyant sur les 2 exploitations de l'établissement (distantes de 50 km et orientées vers des productions différentes), à inciter les agriculteurs du territoire à mieux valoriser leurs produits par l'écoulement en circuits courts en mettant en avant les pratiques et intinéraires.



Après plusieurs réunions de travail avec les directeurs d’exploitations agricoles de l’EPL Mirande –Riscle dans le Gers en Occitanie et l’analyse des systèmes de productions des exploitations, les premières conclusions ont conduit à retenir deux thèmes pour la première année :




  • approcher au plus près les coûts de revient pour définir une politique de prix au plus juste sur les deux exploitations

  • et  comment  améliorer la valorisation de nos  produits de qualité en se distinguant sur le marché classique.



Les produits concernés sur Riscle sont les différents  vins et le floc de Gascogne alors que  sur Mirande, il s’agit des produits de palmipèdes gras et de bovins. La production de porc en AOP Noir de Bigorre est contractualisée et déjà bien valorisée.



Sur Mirande, la production bovine est la seule qui ne dispose pas d’une marque ou d’un signe officiel de qualité. Au cours du second trimestre, les recherches sur la création d’une marque pour la vente directe de la viande bovine nous ont conduits sur une approche beaucoup plus collective qu’individuelle en associant la Fédération des éleveurs de la race bovine Mirandaise.



Suite aux rencontres avec des éleveurs, il s’avère que beaucoup d’entre eux sont intéressés par notre problématique car pour eux, il est difficile d’accroître la valeur ajoutée tant que  cette filière ne sera pas structurée. A titre d’exemple, un  projet de commercialisation d’un  bœuf, élevé cinq ans à l’herbe seulement, en extensif, à forte valeur agro-écologique, a vu le jour mais l’offre peine à  satisfaire la demande.



En avril, un appel à projet innovant a été lancé par la région d’Occitanie. Celle-ci demande aux 19 établissements agricoles  volontaires de leur fournir un projet innovant qu’elle cofinancera à 50% maximum.



Ce projet est une opportunité sérieuse pour financer la création d'une marque commerciale et la réalisation des slogans, affiches et autres support de communication.  En un mois, le projet intitulé : « promotion et valorisation d’une race bovine en sauvegarde par la création d’une marque commerciale » est construit. Deux axes stratégiques sont dégagés et 19 actions sont envisagées.



 Le premier axe consiste à assurer la promotion d’un produit de qualité au bénéfice de l’ensemble des éleveurs de vaches Mirandaises et l’autre, plus pédagogique, porte sur une meilleure intégration de la pédagogie dans la valorisation des produits agricoles afin d’augmenter la valeur ajoutée. L’idée principale est d’associer les élèves à la démarche de la création d’une marque et aux actions de  promotion et de valorisation d’un produit agricole en travaillant directement avec l’aval de la filière bovine.



Le dossier a été défendu à l’oral le 22 mai ; il a reçu un accueil favorable et nous attendons la réponse.



Depuis quelques mois, les artisans bouchers du Gers, l’association du Bœuf Nacré et la ville de Mirande, bénéficiant du label Cittaslow ont fait appel au lycée agricole de Mirande pour promouvoir la race Mirandaise en mettant en avant les qualités intrinsèques de la viande mirandaise et la valeur patrimoniale de la production sur le sud du Gers. Au terme du projet la mise en place d'une unité de maturation de la viande est envisagée, dans le cadre de la construction d'un atelier de transformation sur le LPA de Mirande ou dans l'environnement proche.



 Ce tiers temps renforce et ancre davantage l’établissement dans son territoire et il devient un acteur incontournable pour le maintien et la valorisation de cette race bovine à petit effectif. 



Outre le projet lié à la race Mirandaise, un travail conséquent reste à faire sur l’approche commune de la commercialisation sur les deux exploitations avec un volet nouveau pour 2019 : celui de la première mise en vente d’un Armagnac en AOP; Armagnac qu'il conviendra aussi de différencier des produits comparables sur le marché.


1

6139


Rapport

Résumé grand public

Profitant de la volonté des deux exploitations agricoles de l’EPL Mirande –Riscle de modifier leurs pratiques agricoles en prenant des mesures favorisant l’agro-écologie, l’objectif du projet est de valoriser en circuit court leurs productions. L’audit mené en première année de tiers temps avait clairement montré que, sur le site de Mirande,  seule la production de bovins allaitants ne bénéficiait pas d’un signe de qualité et que sa commercialisation n’était pas bien organisée. L’atelier bovin –viande  a été identifié comme celui ou la commercialisation en circuit court présentait le plus de marge de progrès. L’autre enjeu du projet était celui de la mise en place d’un service commercial unique entre les exploitations pour mieux structurer la vente des produits des deux exploitations dans le futur local de vente qui sera construit à Mirande.



Pour cela, le projet a démontré que le site de Mirande pouvait facilement vendre les produits viticoles de Riscle mais que l’inverse n’était pas possible. Afin de favoriser les échanges de vente et de ne léser aucune des exploitations, les directeurs d’exploitation ont décidé de se vendre les produits au cout de production. Pour ce faire, début 2019, une ARS a été créée dans la comptabilité afin d’affecter toutes les charges et tous les produits aux ateliers concernés afin de calculer, au plus près, le coût de production.  



Quant à la commercialisation bovine en circuit court, ce projet a pris une grande envergure départementale et européenne. En effet, non seulement le lycée a été retenu pour mettre en place le projet innovant initié par la région Occitanie mais il prend également une grande part à un projet départemental et européen piloté par la Chambre du Commerce et de l’Industrie du Gers. En effet, ce partenaire a été retenu pour travailler sur la valorisation des races locales avec des partenaires espagnols et portugais. Le projet du tiers temps a fusionné avec ce nouveau projet car les finalités sont les mêmes à savoir comment valoriser au mieux un produit agricole et un village. Le choix s’est naturellement porté sur la viande de race Mirandaise et Montesquiou, un petit village situé à 10 km de Mirande où une association a relancé la Fête de la Madeleine qui était une foire agricole ancestrale.



 La mission du tiers temps a été d’animer et de dynamiser les éleveurs pour qu’ils participent à tous ces projets.



Ainsi, la proposition de création d’une marque commerciale  uniquement pour  les produits viande du LPA de Mirande s’est transformée en création de marque collective disponible pour tous les éleveurs de Mirandaise du département. En octobre 2018, les classes de Baccalauréat Professionnel Polyculture Elevage ont été sollicitées pour le « design » d’un logo et un slogan pour la marque via le projet socio-culturel, proposer les bases d’un cahier des charges pour la marque et visiter des élevages heureux de recevoir nos jeunes pour expliquer les atouts et les contraintes cette race locale à faible effectif. Tous ces travaux ont été retravaillés avec le projet de la CCI du Gers, l’Institut de l’élevage, la Chambre d’agriculture, le syndicat des bouchers et un groupe de 20 éleveurs. C’est la première fois qu’un groupe d’éleveurs de Mirandaises se rencontrait pour travailler sur la commercialisation de leurs animaux. Le tiers temps a permis de relancer une quinzaine commerciale, fin 2018, pour promouvoir la race auprès des bouchers et des restaurateurs grâce à une subvention demandée au Conseil Départemental. Ce fut un succès et l’action est à renouveler en 2019.



En avril 2019, après l’intervention de trois élèves de première Bac Pro Elevage, l’assemblée générale des éleveurs a validé la création de la marque, du logo, du cahier des charges et du travail sur le projet Montesquiou et la Mirandaise



Une réunion financée par le projet européen a permis de fixer une stratégie de prix pour la commercialisation en circuit court et en vente directe auprès des restaurateurs haut de gamme du département, le réseau des Tables du Gers, qui s’engagent à n’utiliser que des produits du terroir. La Mirandaise n’était pas à la carte et tout un travail de connaissance du produit reste à faire. La base de travail de cette réunion est le modèle de fiche technico-économique créée par le tiers temps et adapté aux ventes bovines de 2018 en circuit court.



En juin 2019, le LPA de Mirande s’apprête à recevoir en partenariat avec la CCI du Gers, la première visite de la délégation européenne afin de leur expliquer les actions menées depuis un an. 



La deuxième année du projet a permis de faire connaitre et reconnaitre le LPA de Mirande –Riscle pour ses actions de structuration  et de valorisation de la filière de la race bovine Mirandaise auprès de nombreux partenaires institutionnels du département comme la CCI, la chambre d’agriculture, le Conseil Départemental, l’Institut de l’élevage d’Occitanie, la chambre régionale d’agriculture, le Syndicat des bouchers.



 


2

6139