Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Méteil et pâturage, deux thèmes qui ont rythmé les échanges en Poitou-Charentes

Juin 2016 - Vincent Cartault (Chef de projet basé à Venours) et Emmanuelle Zanchi (animatrice du réseau DGER "Elevage")

Lundi 23 mai 2016, entre deux averses, quinze directeurs d'exploitation agricole (DEA), salariés d’exploitation, responsables de fermes expérimentales et techniciens se sont retrouvés sur l’exploitation du lycée agricole de Barbezieux (Charente) pour la première visite thématique du réseau Lycées agricoles-INRA de Poitou-Charentes, piloté par Vincent Cartault, chef de projet et de partenariat. Une rencontre pour découvrir pour certains, pour comparer pour d’autres. Pour tous, une rencontre pour échanger sur les méteils et aider le DEA à optimiser le pâturage.

L’exploitation de Barbezieux se caractérise par ses productions diversifiées (V. Cartault)

La découverte de l’exploitation en préambule

Une soixantaine d’hectares dont 19 ha de vigne avec transformation en cognac et pineau dans les chais de l’exploitation, 1,3 ha de noyers bio, 6 ha en méteil, 3 ha d’ensilage de maïs, 30 ha de prairies multi-espèces. Mais également, 32 vaches allaitantes limousines et leur suite, 8 chevaux et deux bandes/an de 630 poulets de Barbezieux. Voilà comment David Leservoisier, DEA, résume l’exploitation, sans en détailler les projets pourtant nombreux : l’exploitation est engagée dans le RMT Systèmes de culture innovants*, réfléchit à une conversion en bio du système fourrager et de l’atelier allaitant et à une valorisation de ses produits en circuits courts.

Echanges sur les dates et densités de semis (V. Cartault)
Echanges sur les dates et densités de semis

Deux utilisations pour les méteils

L’exploitation a déjà six ans d’expérience dans la culture de méteil* ensilé, destiné à l’alimentation hivernale des bovins. La composition du mélange s’est stabilisée au cours du temps. Triticale et pois fourrager sont les cultures de référence. L’avoine noire couvre le sol rapidement et permet de concurrencer les adventices, la vesce commune colonise l’espace dans le couvert. David justifie ses choix : Je cherche plutôt à récolter un ensilage moins concentré en Unité Fourragère et en Matières Azotées Totales, mais avec un rendement important et un meilleur équilibre de la ration. Ainsi, le rendement moyen de l’ensilage est de 9.8 TMS/ha.

Depuis 2015, le méteil a trouvé une autre destination : l’alimentation des volailles et celle des génisses et des veaux en automne-hiver. Cette culture assure une meilleure autonomie alimentaire du troupeau et se substitue aux achats d’aliments réalisés jusqu’alors. La richesse en matières azotées du mélange est assurée par la féverole et le grand épeautre, réputé pour sa contribution à l’équilibre digestif des veaux. David présente ses choix techniques dont l’absence d’utilisation de produit phytosanitaire, les premiers résultats, s’appuyant sur les analyses chimiques et nutritives réalisées en juillet 2015. Les échanges se poursuivent lors des visites des parcelles cultivées.

Pâturage mixte bovin-équin pour limiter les refus et augmenter la productivité de l’herbe (D. Leservoisier)

Solliciter l’aide du réseau pour optimiser le pâturage

Plus tard dans l’après-midi, les rôles s’inversent et le groupe est mis à contribution : l’équipe de l’exploitation souhaite avoir un retour sur ses pratiques en matière de conduite au pâturage. Un tour de plaine met en évidence de nombreux refus dans les parcelles pâturées et des zones à végétation assez rase. Les premières questions posées par le groupe mettent en évidence que ces parcelles sont sur-pâturées. La mesure des hauteurs d’herbe pour décider de la date d’entrée et de sortie des animaux dans les parcelles, le redécoupage des surfaces pâturées pour une rotation parcellaire plus rapide sont autant de pistes qui seront explorées dans les semaines à venir. Dès la semaine suivante d’ailleurs, une parcelle de l’exploitation était divisée en deux.

Pour Vincent, les objectifs de la journée ont été atteints puisqu’un objectif de ces visites est de s’appuyer sur le groupe pour répondre à une question que se pose le responsable de l’exploitation visitée. Et David d’ajouter, "Les références et les expériences des collègues sont très intéressantes. Les échanges de terrain sur un cas concret sont constructifs pour le collectif et pour le demandeur qui dispose de clés pour déverrouiller des situations. C’est convivial et pragmatique à la fois".

D’autres visites thématiques sont déjà programmées au sein de ce nouveau réseau.

Contact : vincent.cartault@educagri.fr

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