Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

JOURNÉE MÉDECINES COMPLÉMENTAIRES AU LYCÉE AGRICOLE DE ROUILLON (72)

Atelier ostéopathie animée par Anne Crépeau du GDS 72 avec la classe de première bac pro CGEA

 

 

Le Jeudi 8 Février, la Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire organisait sur le lycée agricole de Rouillon, La Germinière (72), une demi-journée consacrée aux médecines complémentaires en élevage bovins-lait.

Dans ce cadre, Laëtitia Rozenberg, enseignante en zootechnie au lycée accompagnait la classe de 1ère CGEA et Madame Kacem, enseignante en zootechnie au lycée de Saint Aubin,celle de 1ere BPREA en voyage découverte ce jour là. L’occasion de recueillir quelques témoignages sur ces pratiques de plus en plus répandues au sein des fermes de lycées agricoles.

Les apprenants sont déjà très intéressés, surtout par les avantages économiques potentiels de ces techniques.

Laëtitia Rozenberg présente les médecines complémentaires en classe de BACPRO sous forme d'un apport de connaissances au moment du module santé et de la présentation du plan Ecoantibio : « J'informe les apprenants sur les avantages de ces techniques vis à vis des mammites, boiteries, parasites. Dans le cadre du M57, je propose aux BTS ACSE des recherches sous forme de problématiques à résoudre ».


La ferme du lycée est également un bon support pour approfondir quelques techniques puisqu’elles y sont appliquées (cf encart) . Les étudiants de BTS ont effectué un PIC l'an dernier intégrant l'exploitation : au programme , jeu de carte OBSALIM, ostéopathie et phytothérapie. En classe, les apprenants font remonter leurs témoignages issues de leurs stages ou  du vécu en exploitation familiale. Tous tombent d'accord sur le potentiel économique de ces techniques d'un coût généralement plus faible que les traitements classiques. Les enseignants sont également convaincus : « Nous sommes 3 enseignants en zootechnie au lycée de Rouillon et tout le monde en discute, approfondie ses connaissances sur le sujet en particulier depuis la refonte des référentiels » constate Lætitia.

Paroles d'apprenants

Lehane (Élève en 1ère BacPro CGEA).

“Mes parents utilisent l'homéopathie sur les vaches laitières. C'est une bonne alternative car cela reviens moins cher et les vaches sont plus saines. Les mélanges se font le lundi et malheureusement je ne peux y participer ayant cours ce jour là. Avec les antibiotiques , nous sommes stressés par les délais d'attente et le risque de voir du lait avec des traces d'antibiotiques partir au tank. Cette situation ne se produit plus avec l'usage des produits homéopathiques, ce qui nous rend plus sereins. C'est une histoire de conscience professionnelle”.

 

Alexandre (Élève de 1ere Bac Pro CGEA).

“Mon père utilise ces techniques dans l'élevage porcin (système naisseur-engraisseur plein air). On asperge une solution de saule contre les toux des porcelets. Nous utilisons de la farine végétale ainsi que des huiles pour limiter les diarrhées. A court terme, cela ne remplace pas les traitements correctifs à base d'antibiotiques mais sur le long terme, on voit que les résultats s'améliorent”.

Léhane et Alexandre, apprenants en 1ere BACPRO CGEA au lycée agricole, La Germinière.

 

 

 

Voyage d'étude des BPREA de Saint-Aubin.

Les apprentis sont enthousiastes suite aux visites en élevage, à l'image de Julien qui apprécie le côté économique pour l'éleveur et le lien avec le bien-être animal. Par contre, Emilien ne se verrait pas pratiquer ces médecines car selon lui, elles demandent beaucoup d'observations et sont gourmandes en temps.

Candice Hailleret, DEA au lycée agricole , La Germinière.

 

 

A la ferme du lycée.



« Depuis 4 ou 5 ans, nous utilisons les huiles essentielles, la phytothérapie (oligo-algues) et l'huile de foie de morue sur les petits veaux. Cela les aide à lutter contre les parasites (dartres, poux …).
Depuis 2017, nous utilisons l'homéopathie sur les vaches laitières en préventif, via le technicien du contrôle laitier, spécifiquement formé à ces approches. Une cure de vinaigre de cidre plus de l'huile de foie de morue est également pratiquée pour booster l'immunité des vaches. Globalement, la consommation d'antibiotiques a diminué mais cela reste encore subjectif faute de bilan précis. La priorité au quotidien reste de prévenir les plus « grosses mammites ».


Les intervenants : quels messages faire passer auprès des apprenants ?

 

Lors de la demi-journée, Anne Crépeau, vétérinaire au GDS 72 a commenté une démonstration d'acupuncture réalisée sur une vache. « On accède aux organes de l'animal via les points d'acupuncture. Sur une vache, il existe une vingtaine de points d'urgence d'un diamètre d'environ 2 à 3 cm. Lors de la séance l'animal vous fait confiance. C'est plutôt à vous de vous faire confiance, de savoir comment vous présenter à l'animal et rentrer dans sa bulle énergétique. Il faut venir avec l'intention de faire du bien ».

Anne Crépeau , vétérinaire au GDS 72.
Démonstration d'acupuncture.
L'aiguille en place pour stimuler le méridien.

Propos recueillis par Laurent Catalon, Chargé de mission. Référent zootechnie - CEZ Bergerie Nationale, le 08 Février 2018. Crédits Photo : Laurent Catalon.