Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Gestion sanitaire des élevages bovins allaitants : cas des Antilles - Guyane

Suite à l’état des lieux des pratiques sanitaires en élevage au sein de l’enseignement technique agricole réalisé par CEZ -  Bergerie Nationale en France Métropolitaine, on est allé voir ce qu’il se passait sur les exploitations des lycées agricoles de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane.

 

 

Mise à part la chaleur et l’humidité, le point commun de ces exploitations est une faible utilisation d’antibiotiques pour gérer les maladies sur leur troupeau de bovins allaitants. Le parasitisme et les maladies liées aux tiques constituent une de leurs principales problématiques ! 

 

 (Vache Brahman au pâturage, Martinique 2017 © CEZ- Bergerie Nationale, 2017)

 

 

Quels sont les atouts de ces troupeaux ?

==> Sous les tropiques les vaches sont des championnes de la rusticité !

Les exploitations de Matiti en Guyane et de Croix Rivail en Martinique élèvent du Brahman (descendant du zébu) très connu pour son adaptabilité aux conditions d’élevages des zones chaudes et humides. A Baie Mahaut en Guadeloupe, ce sont les vaches créoles qui composent le troupeau allaitant, race locale guadeloupéenne.

Ces deux races rustiques sont utilisées en croisement avec des races européennes (dont notamment la race GASCONNE, LIMOUSIN, CHAROLAIS), les veaux obtiennent une bonne qualité bouchère tout en gardant les qualités rustiques maternelles. Celles-ci les rendent moins sujet à la pression bactérienne, se traduisant par une faible utilisation d’antibiotiques.    

 

 

==> 100 % pâturage

Chez Jean-Louis KELEMEN (DEA à Baie Mahaut), Loic DEPLAUDE (DEA à Croix Rivail) et Mélina GOASDUFF (DEA à Matiti) les troupeaux créoles et brahman sont en 100 % pâturage. L’accès au pâturage à l’année limite l’apparition de maladies bactériennes liées notamment à des conditions de bâtiments (voir « pratiques d’élevage les plus fréquemment citées pour réduire l’apparition des maladies » de l’état des lieux). Tout se passe au pré, ce qui parfois peut rendre leur manipulation compliquée. 

                                                                                          

Les systèmes d’élevage de ces 3 exploitations agricoles sont adaptés aux conditions et au contexte locales, conduisant à une faible pression maladie bactérienne, et donc à un bas niveau d’utilisation d’antibiotiques. C’est le cas pour 40 % des ateliers bovins allaitants de l’enseignement technique agricole (chiffre déterminé dans le cadre de l’état des lieux : voir les profils en page 13).

 


Combattre les tiques : Une problématique forte en termes de gestion sanitaire

En réponse à la forte présence de tiques, le détiquage des bovins est une pratique nécessaire sur les trois exploitations. La fréquence de détiquage des bovins, à l’aide d’une ou plusieurs molécules anti-tiques précises, varie en fonction des périodes de l’année et de l’état de la parcelle.

La prophylaxie est un levier majeur pour  prévenir l’apparition des maladies liées aux tiques. Par exemple, sur l’exploitation de Croix Rivail, Loïc DEPLAUDE réalise un pâturage tournant pour éviter de remettre des bovins traités sur des parcelles infestées.

 

 

Retrouvez la carte d’identité des exploitations ===>  ICI

J. Bluhm & M. Cholton - Mai 2017