Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

La place de l’apiculture dans l’enseignement agricole

L’enseignement agricole compte aujourd’hui 2788 ruches. Les CFPPA proposent des formations apicoles et des clubs d’initiation se créent pour les élèves. Plus de cinquante établissements ont ainsi saisi l’importance de l’apiculture dans le cadre de la transition agro-écologique. Ces projets très variés s’appuient sur l’implication croissante des enseignants, des apprenants et des exploitations agricoles.

 

 

Des actions de formation, d’expérimentation et de sensibilisation

Plus d'une cinquantaine d'établissements de l'enseignement agricole sont aujourd'hui impliqués dans des actions en lien avec l'apiculture. Parmi les nombreuses initiatives recensées on peut citer :

  •  Les CFPPA de Laval, Vesoul et Hyères  proposent des BPREA spécialisés et de la formation continue.
  • Les salariés des exploitations de La Côte-Saint-André et de Toulouse gèrent des ruchers de productions de plus de 200 ruches.
  • Le lycée agricole de Mayotte organise des ateliers de construction de ruches.
  • Des haies mellifères ont été plantées et un emplacement mis à disposition pour des apiculteurs locaux à Quimper.
  • Les LEGTA de Fontenay-Le-Comte et Limoges accueillent des ruchers écoles.
  • Le grand public suit des formations d’initiation aux Combrailles et à la Bretonnière.
  • Les élèves participent à des clubs de découverte à Alençon et à Vic-en-Bigorre.
  • Les établissements d’Angers et d’Hyères disposent de mielleries pour valoriser leurs productions.
  • Les enseignants de BTSA ont développé des modules d’initiative locale sur le sujet à la Roche-sur-Yon et à Saint-Paul de la Réunion.
  • Les ruchers du LEGTA des Barres participent à la conservation de l’abeille noire.
  • Le laboratoire agroalimentaire de Saint-Genis-Laval analyse la qualité du miel.
  • Des ruchers sont installés sur des parcelles en agriculture biologique de l’exploitation d’Auch.

 

 

Visite du rucher par les élèves de Saint Genis Laval (Photo : ©EPLEFPA- Saint-Genis-Laval)
Construction de ruchettes au lycée agricole de Coconi (Photo : ©EPN-Mayotte)

 

Répondre aux enjeux d’une apiculture durable

Avec ces actions, les établissements sensibilisent les apprenants au maintien de la biodiversité et des insectes pollinisateurs. L’abeille domestique est utilisée comme support pédagogique pour aborder l’écologie du paysage ou l’impact des pratiques agricoles sur l’environnement. L’objectif est aussi de montrer le potentiel que représente l’apiculture en termes de maintien des services écosystémiques et de diversification agricole. Le secteur apicole rencontre actuellement des difficultés importantes. La formation des apiculteurs est un enjeu fort du plan national de développement durable de l’apiculture initié en 2013 par le ministère en charge de l’agriculture. En cherchant à développer l’offre de formation, les établissements y apportent des réponses concrètes. Les expérimentations sur les exploitations agricoles contribuent au transfert de techniques innovantes réconciliant l’agriculture et l’apiculture. L’engouement du grand public et des collectivités locales pour la thématique est de plus en plus fort. Les établissements contribuent aussi depuis quelques années à animer ces dynamiques de projet sur les territoires.

 

 

L’exploitation du lycée agricole de Nouvelle Calédonie gère un rucher de 35 colonies (Photo : ©EPLEFPA-Nouvelle Calédonie)
Panneau de présentation du rucher école du lycée Jean-Monnet (Photo : ©EPL-Vic-en-Bigorre)

 

Des projets à monter en partenariat

L’apiculture reste une activité peu connue dans le milieu agricole. Les établissements s’appuient donc très souvent sur des partenariats avec des professionnels et leurs organisations. Pour gérer les ruchers et développer des formations ils travaillent avec des apiculteurs, des groupes de défense sanitaire ou des associations régionales de développement. En interne ces projets mobilisent fortement certaines équipes. Au delà des formateurs spécialisés et du personnel des exploitations, des enseignants parfois apiculteurs amateurs y jouent un rôle important. Dans les CFPPA, le volet formation fait l’objet d’un travail d’ingénierie orienté sur les techniques apicoles : conduite de l’atelier, élevage de reine, diversification des productions. Dans les LEGTA, les enseignants d’écologie ou d’agronomie abordent le sujet avec des travaux pratiques, des modules de formation pluridisciplinaire ou des temps extrascolaires. Des financements sont mobilisés auprès des régions, de la Mutualité sociale agricole ou encore de fondations. Ils servent à acheter le matériel nécessaire à la création de petits ruchers. Les ateliers de production plus importants et la réalisation de formations professionnelles bénéficient des aides FranceAgriMer ou du Fonds européen agricole de développement rural.

 

 

Exposition de ruches peintes dans le cadre d’un projet culturel au lycée Fontenay-Le-Comte (Photo : ©G.Piedebout)
La taille des ruchers varie en fonctions des activités qui y sont menées (sources : CEZ-Bergerie nationale)

 

Des dynamiques locales et régionales qui essaiment

Les établissements mettent également en place des projets d’animation et de développement du territoire autour de l’apiculture. Dans le Pas-de-Calais et le Puy-de-Dôme, des projets tiers temps ont ainsi été initiés pour relancer des filières apicoles locales ou protéger les insectes pollinisateurs. Des dynamiques s’établissent aussi au niveau régional. Le programme régional de l’enseignement agricole normand comprend la mise en réseau des enseignants et des responsables d’exploitations concernés. L’apiculture est très développée dans d’autres pays d’Europe et des actions de coopération sont à envisager. Les élèves du Lycée agricole de Nérac ont ainsi participé en 2016 à un concours international de jeunes apiculteurs en République tchèque. La formation et la mutualisation des expériences apicoles sont aujourd’hui des enjeux forts dans l’enseignement agricole. Le CEZ-Bergerie nationale  vient de réaliser un état des lieux des projets en cours. Il proposera à destination de ce public des formations sur l’apiculture et les insectes pollinisateurs à l’automne 2017.

 

Pour en savoir plus :

Jean-Xavier Saint-Guily, Chargé de mission, Département 3DFI, CEZ-Bergerie nationale

Jean-xavier.saint-guily@educagri.fr – 01 61 08 68 92

 

Réalisation : Jean-Xavier Saint-Guily, Département 3DFI, CEZ-Bergerie nationale, mai 2017.

Crédits photos : ©EPN-Mayotte et ©EPLEFPA-Côte-Saint-André